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Pourquoi vous avez tout intérêt à être paresseuse à la maison

S’il est vrai qu’entendre “Oh non, j’ai la flemme !” de la bouche de son enfant est parfois agaçant, accepter d’être paresseuse peut vous sauver du surmenage et aider vos enfants. Un article pour les “travaillomanes” qui s’ignorent…

Voici mes enseignements d’ancienne « mère devoir » devenue de plus en plus… paresseuse !

J’ai côtoyé des développeurs informatiques, dont la plupart passaient leur temps à râler. “Nos outils de travail sont pourris, les autres sont mauvais, je suis trop interrompu, il y a trop de bruit, trop de réunions inutiles, je passe mon temps à attendre les collègues, etc”. Pour pallier l’inefficacité de leurs journées, ils rallongeaient leurs horaires, raccourcissaient leurs pauses. Et continuaient de râler en espérant que quelqu’un y fasse quelque chose.

L’un d’entre eux sortait du lot : il brillait par son efficacité et ses horaires fixes, compatibles avec une vie de famille. Un jour il m’a dit “Un bon développeur est un développeur paresseux”. J’ai creusé pour comprendre ce qu’il entendait par là.

D’abord, il répugnait de passer 2 heures sur une tâche qui pouvait prendre 10 minutes, ou de “galérer”. Il automatisait tout ce qu’il pouvait. Ensuite, son comportement lui garantissait de ne pas se faire “bouffer” par les autres.

De manière générale, il mettait un point d’honneur à ce qu’un maximum de sa journée soit consacrée à son coeur de métier. Je n’irai pas plus dans le détail technique, mais j’ai découvert que l’analogie était frappante avec la vie de famille. Voici mes enseignements d’ancienne “mère devoir” devenue de plus en plus… paresseuse !

Changeons de regard sur la paresse

Dans de nombreuses cultures familiales et dans la culture française, la paresse n’a pas bonne presse. C’est d’ailleurs l’un des sept pêchés capitaux de la tradition catholique.

Faire des efforts, travailler, est reconnu et encouragé.

La paresse n'a pas bonne presse. Faire des efforts, travailler, est reconnu et encouragé. A-t-on moins de mérite quand on réussit une tâche facilement ou rapidement ?

Je me souviens d’une mère qui se désolait que son fils adolescent passe si peu de temps sur ses devoirs. “Je voudrais lui inculquer le goût de l’effort”. Il avait pourtant de bons résultats scolaires. Ce même adolescent m’avait d’ailleurs confié avec fierté la stratégie qu’il avait trouvée pour finir son examen de français, planifié sur 4h, en… 3h30 :-).

Du côté de nos entreprises, le présentéisme généralisé démontre qu’on associe temps de travail et résultat. Pensez-vous qu’on a moins de mérite quand on réussit une tâche facilement ou rapidement ?

Testez votre degré de “travaillomanie” !

Si vous vous reconnaissez dans les phrases suivantes, vous êtes sûrement une “travaillomane domestique” :

  • ma devise : “après l’effort, le réconfort !”
  • en me couchant j’ai souvent l’impression de n’avoir rien fait de ma journée, ou d’avoir couru toute la journée
  • si je ne le fais pas personne ne le fera
  • il faut d’abord faire ce qu’on est obligé de faire avant de faire ce qu’on a envie
  • si je ne le fais pas aujourd’hui, les corvées vont s’accumuler et ce sera pire dans 3 jours
  • j’ai du mal à rester plus de 5 minutes à lire dans mon canapé
  • ma priorité ce sont mes enfants, je suis toujours disponible pour eux
  • on ne peut pas vivre dans une maison qui n’est pas rangée et nettoyée
  • laisser des tâches à faire ou du bazar, c’est se laisser aller
  • je trouve souvent que mes enfants – ou mon conjoint – sont paresseux, et ça m’agace intérieurement
  • mon dernier bain c’était il y a… quelques années
  • mon mari travaille beaucoup, je ne vais pas lui demander en plus de faire des tâches domestiques ou liées aux enfants
  • je préfère le faire moi-même, comme ça je suis sûre que ce sera bien fait
  • c’est aussi fatigant de demander aux enfants de le faire que de le faire, donc autant le faire moi-même

En me couchant j’ai souvent l’impression de n’avoir rien fait de ma journée, ou d’avoir couru toute la journée

Les effets pervers de vouloir tout faire, tout de suite, soi-même

Réalité n°1 : il y a et il y aura toujours un truc à faire à la maison. Réalité n°2 : 99% des tâches peuvent attendre sans graves conséquences. Réalité n°3 : une journée dure 24 heures. Réalité n°4 : c’est le premier qui fait une tâche qui la fait.

En fait si on prend un peu de recul, hormis quelques contraintes intangibles comme la satisfaction des besoins vitaux des membres de la famille ou l’horaire de l’école, c’est nous qui décidons en grande partie comment nous utilisons le temps passé à la maison.

Sauf que ces décisions – probablement plusieurs centaines entre notre réveil le matin et notre endormissement le soir – sont souvent inconscientes. Elles reflètent pourtant nos priorités actuelles. 30 minutes pour cuisiner un plat sain ou faire un jeu de société ? 15 minutes pour passer l’aspirateur ou crémer ma peau sèche ? 20 minutes pour faire les devoirs ou pousser la chansonnette ? etc.

L’habitude de faire d’abord les tâches domestiques ou liées aux enfants peut donc nous amener à ne faire quasiment que cela de la journée. Cela qui ne rend service à personne :

  • vous êtes frustrée de n’avoir fait des choses dont vous aviez envie ou besoin
  • vous êtes fatiguée car vous ne récupérez pas
  • quand les corvées ne sont pas réparties équitablement, vous développez un sentiment d’iniquité
  • en faisant à la place de vos enfants, vous les empêchez de devenir autonome
  • si vous seule savez faire une tâche, vous empêchez votre conjoint de l’apprendre et donc de la faire
  • à long-terme, vous reprocherez cette situation aux autres, ce qui nuira à vos relations et à l’ambiance familiale.

L’habitude de faire d’abord les tâches domestiques ou liées aux enfants peut donc nous amener à ne faire quasiment que cela de la journée

Ce n’est peut-être pas la vie de famille que vous aviez imaginée ? À ce propos, posez-vous les bonnes questions grâce à mon article Vous souvenez-vous pourquoi vous avez fait des enfants ?

Comment sortir de ce cercle vicieux ?

Mes premiers conseils :

  • arrêtez de dire “Je n’ai pas eu le temps” mais “Je n’ai pas pris le temps”
  • retenez-vous de faire une tâche habituelle au moins une fois par jour, et observer ce qui se passe : que ressentez-vous ? que disent ou font les autres ? Laissez traîner plusieurs jours pour approfondir l’observation…
  • repoussez une tâche habituelle au lendemain et utilisez le temps gagné pour vous faire un petit plaisir perso. Par exemple, 15 minutes de lessive remplacées par 15 minutes de massage à l’huile relaxante ou de coup de fil à une amie (pour discuter, pas pour planifier la colonie des enfants !). Et après n’oubliez pas de ne PAS faire la lessive !

Plutôt que faire, simplifiez et faites faire

Ces petits pas de côté ne seront pas suffisants pour changer des habitudes ancrées au sein de la famille. Tout d’abord, il y a peut-être trop de tâches à la base : cherchez à éliminer le superflu. Comment faire pour ne plus avoir cette tâche ou la faire moins souvent ?

Soyez moins perfectionniste. Simplifiez la façon de faire ces tâches. Si besoin, utilisez la technologie (calendrier partagé, …) ou aménagez les espaces autrement. Fixez des règles de vie commune (enlever ses chaussures à l’entrée, remplir la réserve de papier toilette quand on le finit…).

Partagez votre savoir et aidez les autres à faire eux-mêmes. Grouper les tâches récurrentes ensemble sur un créneau quotidien ou hebdomadaire. Imaginez un système simple qui permet aux autres de faire la tâche ou d’y contribuer (post-it indiquant les étapes de lancement de la machine, liste de courses partagée, planning de corvées…).

Soyez créatif pour que la gestion de la maison reste simple, efficace et partagée. Le temps investi par-ci par-là sera regagné au centuple par la suite !
Comment ne pas se faire déborder à la maison ?

Quand l’organisation ne suffit pas… comment ne pas se faire déborder par les autres ?

Malgré votre “organisation de paresseuse” et votre attention à bien utiliser votre temps, vous êtes toujours au four et au moulin du matin au soir ? Il y a quelque chose à chercher du côté de vos interactions avec vos enfants et votre moitié. Première question : quand vous êtes dans la maison, vous considèrent-ils comme étant toujours à disposition, toujours interruptible ?

Si oui, il y a urgence à leur apprendre que ce n’est pas le cas ! Voici quelques pistes :

  • régulièrement, mettez-vous ostensiblement dans le canapé avec un bouquin, ou dans un bain
  • prévenez-les que vous n’êtes pas disponible et la durée
  • imaginez un moyen visuel de savoir que vous n’êtes pas disponible (exemple : porte de votre chambre fermée, petit panneau humoristique).
  • quand vous n’êtes pas disponible, dites non aux interruptions et aux demandes ! “Maman tu peux aller chercher ma trousse dans mon cartable ? – Non ma puce, tu vois je me repose dans le canapé, là.” “Chérie, est-on disponible dimanche prochain car les Dubois proposent de passer ? – Je suis plongée dans mon bouquin, est-ce que tu peux éviter de m’interrompre s’il te plaît ?”

Vos enfants vous considèrent-ils comme étant toujours à disposition, toujours interruptible ?

Quelques astuces pour ne pas s’énerver

Peut-être avez-vous tendance à assumer beaucoup sans rien dire… jusqu’à ce qu’un méchant reproche vous échappe ? En cas de “pulsion de reproche” vis-à-vis de votre conjoint ou votre enfant, tournez 7 fois la langue dans la bouche et formulez-lui une demande à la place. Par exemple : “Ton sac de sport est dans l’entrée. Est-ce que tu veux bien le ranger avant le dîner ?” plutôt que “Tu as encore laissé traîner toutes tes affaires dans l’entrée. Ça devient pénible à la longue !”

Et pour finir, quand l’autre n’a pas fait une tâche qui lui incombe, ne le faites pas à sa place ! Résistez à la tentation !

En conclusion je souhaiterais dire que vos “coeurs de métier” à vous, c’est prendre soin de vous et être ensemble.

Vos enfants ont plus besoin de vous que de vos services !

Préservez ces temps-là, gardez de l’énergie pour cela, chaque jour. Je vous aide d’ailleurs à prendre du recul dans mon article Vous souvenez-vous pourquoi vous avez fait des enfants ?

Et vous, êtes-vous plutôt travaillomane ou paresseuse ? Comment faites-vous ? Comment réagit le reste de la famille ? Partagez en commentaires !

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Votre espace de discussion 6 commentaires
Dormoy - 5 avril 2018

Nos réflexes sont beaucoup liés à notre éducation mais ce sont des bonnes pistes pour changer! À essayer dès demain

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    Frédérique - 23 juillet 2018

    Oui en effet, notre pilote automatique nous joue parfois des tours ! Merci pour ton commentaire, à bientôt 🙂

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Cibee - 11 juillet 2018

Travaillomane pour ma part mais aussi très passionnée de chant. Du coup, chanter me permet de me reconnecter et d’oublier ma boulimie du “travail”, et puis maintenant je reprend le temps de lire, de respirer, de faire du yoga, d’appeler une copine, de regarder le ciel…je crois que j’ai pris le syndrome de la paresseuse au travail bien fait. ça me plait. Ton article m’inspire, merci 🙂

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    Frédérique - 23 juillet 2018

    Bonjour Cibee,
    Merci d’avoir partagé avec nous ta façon de prendre des temps de pause, et de mêler passions et travail. Je trouve que c’est un long apprentissage mais tellement nécessaire ! À bientôt,
    Frédérique

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Du rêve dans les étoiles - 12 février 2019

Article en phase avec ma manière de penser! J’aime beaucoup ton article qui définit très bien la réalité de notre quotidien. Nous avons appris à ralentir chez nous aussi et c’est bénéfique sur le long terme.Question tâches domestiques on a encore du travail mais on y arrive! La mère paresseuse devrait être dans tous les foyers! Car en refusant par exemple de lancer des machines sur plusieurs jours, c’est tout naturellement que mon conjoint a pris le relais et sans se plaindre!! J’ai fait ça pour d’autres choses et ça marche!! Bonne soirée!

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    Frédérique - 25 février 2019

    Bonjour,
    Anecdote très amusante (pour un sujet sérieux) ! On arrête de faire quelque chose et ça fait bouger les lignes 😉
    J’encourage toutes les femmes à essayer (sans attendre d’être malade ou de sortie). Juste être là et ne pas le faire 🙂

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