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Le vrai-faux du laxisme

Vous a-t-on déjà reproché d’être laxiste avec vos enfants, même à demi-mot ? À l’inverse, vous êtes vous déjà dit, à propos de telle amie, ou de telle maman au parc : “Qu’est-ce qu’elle est laxiste…” ? Ce mot à la mode véhicule fantasmes et vérités, que je démêle dans cet article, exemples concrets à l’appui.

Le vrai-faux du laxisme. Attitude de quelqu’un qui est excessivement indulgent, tolérant. Le laisser-faire dans l'éducation est-il dans l'intérêt de l'enfant ?

Pourquoi ne peut-on pas définir le laxisme ?

Lisez cette définition donnée par le Larousse en ligne :

Laxisme : Attitude de quelqu’un qui est excessivement indulgent, tolérant

Concrètement, à partir de quand considère-t-on qu’on est “excessivement” indulgent ? “Trop” tolérant ? C’est purement subjectif : chacun va évaluer qu’il y a excès ici ou là, en fonction de ses convictions, son expérience, ses valeurs. Par définition, le laxisme est un jugement personnel.

Petit exercice à faire à deux

1) Répondez “oui” ou “non” à chaque situation. Selon vous, est-on laxiste quand on laisse son enfant…

  • grimper le toboggan à l’envers
  • sortir de table quand il veut
  • regarder des dessins animés autant qu’il veut
  • s’habiller comme il veut
  • sauter l’école car il est fatigué
  • se doucher une fois par semaine
  • demander quelque chose sans dire “s’il te plaît”
  • se rouler dans l’herbe mouillée
  • manger entre les repas
  • amener ses bacs de jouets dans le salon
  • se coucher à l’heure qu’il veut
  • manger avec les doigts
  • aller jouer seul au parc
  • porter le même t-shirt pendant une semaine
  • ne pas faire ses devoirs

2) Faites répondre une personne de votre entourage, sans lui montrer vos réponses.

3) Comparez vos réponses.

Vos réponses sont-elles identiques ? Différentes ? Radicalement opposées ? Dites-le nous en commentaires, en bas de l’article 😉

Vos réponses sont probablement différentes, car elles dépendent de votre sensibilité. Vos “fixettes” peuvent être l’hygiène et les écrans, tandis que pour une autre personne ce sera les repas et la politesse, et pour une troisième l’école et le sommeil.

Vous comprenez peut-être mieux les divergences de point de vue dans votre couple, ou les débats électriques sur l’éducation des enfants avec vos amis, avec vos parents ? 😉

Les aspects positifs du laisser-faire

Dans cet article je vous parle d’une attitude parentale : le laisser-faire. C’est-à-dire ne pas intervenir face à un comportement de l’enfant. Ne rien faire, ne rien dire, y compris par le langage corporel. Même si elle est une “absence de”, cette attitude est très utile et je vous invite à l’avoir dans votre palette, si ce n’est pas déjà le cas.

Les avantages de cette attitude sont :

  • Nourrir le besoin de liberté de l’enfant, qui est un besoin naturel, qui grossit avec l’âge, et dont il doit jouir pour acquérir son autonomie
  • Permettre à l’enfant d’évoluer sans être jugé. Être évalué en permanence nuit à l’estime de soi de l’enfant, et peut à terme lui faire cacher sa véritable personnalité, pour être accepté ou faire plaisir.

Quand le laisser-faire nuit à l’enfant

Mais dans certains contextes, le laisser-faire est inadapté.

Le laisser-faire devient négatif quand il nuit à l’intérêt de l’enfant, dans l’immédiat ou à long-terme.

Les nuisances peuvent être de différents ordres :

  • Sécurité physique

    Exemple : il traverse la rue seul alors qu’il ne peut pas/sait pas vérifier l’absence de voiture, il fait du vélo sur route sans protections / de nuit sans lumières, il sort seul alors qu’il ne sait pas évaluer les dangers de cet environnement / réagir face à un adulte inconnu qui l’aborde…

  • Hygiène et santé

    Exemples : il incommode les autres par son odeur, il garde et transmets ses poux, il a des infections génitales dues à la saleté, il est malade et ne prend pas son traitement, il souffre de fatigue chronique, il mange uniquement des aliments sucrés…

Après une journée d'école, l'enfant n'a plus d'énergie. Environnement collectif, rester calme, instructions, horaires, froid, chaud, bruit, agressions, dévalorisations

  • Relations

    • Exemple : il ne dit pas “bonjour, au revoir” ni “s’il te plaît, merci”, il insulte / menace / tape les autres, il casse ou vole leurs affaires, il les force à faire ce qu’il veut…

    Le respect, qu’est-ce que c’est ? Comment l’inculquer à votre enfant ? J’y réponds ici : Votre enfant vous parle mal : comment lui apprendre le respect ?

  • Développement de son cerveau et apprentissages

    Exemple : il regarde des images sexuelles ou violentes qu’il ne peut pas encore comprendre / relativiser, il passe la plupart de son temps libre devant la télé…

Voyez-vous d’autres domaines ? Avez-vous d’autres exemples ? Partagez-les en commentaires 😉

Le lien direct entre nos réactions et son développement

Dès la naissance, le cerveau d’un enfant est prédisposé à un certain nombre de fonctions, du raisonnement à l’empathie, en passant par l’organisation de tâches et le sens moral. Mais c’est l’environnement dans lequel il va évoluer qui va lui permettre de développer – ou non – ces aptitudes.

La nature des interactions avec les adultes qui l’entourent joue le premier rôle dans le développement de l’enfant.

L’enfant aura une réaction “primaire” face à une situation (ex : taper), qu’il va peu à peu remplacer par une réaction adaptée, cela grâce à votre intervention appropriée et répétée (ex : exprimer sa colère avec des mots).

Dès la naissance, le cerveau d’un enfant est prédisposé aux fonctions. C’est l’environnement dans lequel il va évoluer qui va lui permettre de les développer.

Par ailleurs, le cerveau de l’enfant est un peu comme un “algorithme auto-apprenant” : il va tester son environnement constamment et ajuster ses comportements en fonction des réponses. Si “ça passe”, il continue et cela devient un automatisme pour lui.

Pour approfondir ce sujet, je vous invite à lire la 1ère partie du livre Les lois naturelles de l’enfant, de Céline Alvarez.

Aussi, un enfant n’a pas les connaissances ni les capacités de reconnaître les dangers, ni de prendre soin de sa santé. C’est à vous de le faire à sa place, le temps qu’il développe ces aptitudes et son autodiscipline.

Vous êtes une “béquille” pour lui

Mes conseils si vous avez du mal à intervenir face à votre enfant

Si vous avez le feeling que dans certaines situations vous tolérez le comportement de votre enfant, mais que ce n’est pas bon pour lui, suivez ces étapes :

  1. Choisissez une situation précise

  2. Formulez pourquoi vous voulez réagir à ce comportement, dans l’intérêt de votre enfant

    Exemple : “Je veux réagir quand tu arraches les jouets des mains de ta soeur, car je pense que savoir demander et partager t’aidera à te faire des amis”

  3. Trouvez ce qui vous empêche de réagir

    Vous tolérez le comportement de votre enfant, mais ce n’est pas bon pour lui. De quoi avez-vous peur ? Le regard des autres, le rôle du gentil parent.

    • La peur ? La peur de quoi ? Derrière cette peur, quelle autre peur y a-t-il ? Remontez aussi profond que possible. Exemple : j’ai peur que mon enfant se mette en colère contre moi => j’ai peur que mon enfant ne m’aime plus.
    • L’incapacité ? Vous ne savez pas comment réagir : quoi dire, avec quelle posture ? Les méthodes que vous avez déjà essayées ne marchent pas ? Vous ne savez pas gérer le conflit qui peut découler de votre réaction ?
    • Le regard des autres ? De qui : votre conjoint, votre mère, d’autres parents ?
    • Votre “petite fille intérieure” ? Certains comportements de vos parents vous ont blessée enfant, et c’est pour vous hors de question de les faire subir à votre enfant.
  4. Démasquez vos scénarios imaginaires

    “Et si…, et si…, et si…” Vous imaginez les conséquences que peut avoir votre réaction, mais est-ce vraiment fondé ? Cela a-t-il eu lieu dans votre réalité, entre vous et votre enfant ? Cela s’est-il produit souvent, ou juste une fois ?

    Les catastrophes que vous imaginez ne sont-elles pas disproportionnées ? Invraisemblables ? Parlez-en à une personne de confiance, cela vous aidera peut-être à “dégonfler votre soufflé”.

  5. Ne sacrifiez pas le long-terme pour le confort du court-terme

    Ne sacrifiez pas le long-terme pour le confort du court-terme : on évite le conflit, on a le rôle du gentil, on ne s’interrompt pas dans ce qu’on est en train de faire

    L’une des raisons possibles pour ne pas intervenir est le confort immédiat : on évite la contradiction voire le conflit, on a le rôle du gentil, on ne s’interrompt pas dans ce qu’on est en train de faire…

    Quand cela se produit je vous invite à prendre 30 secondes pour réfléchir : dois-je intervenir pour l’intérêt de mon enfant à long-terme ? Si la réponse est oui… go ! Au charbon 😉

  6. Apprenez les formes de communication qui vous manquent

    Le comportement de votre enfant vous oblige certainement à aller dans l’une de vos “zones d’inconfort”. Arrêtez de l’éviter et foncez 😉 Il existe des tas de façons de développer des postures nouvelles, un langage nouveau : livres pratiques, ateliers pour parents, stages de développement personnel, coaching, théâtre…

    Vous avez du mal à être autoritaire tout en restant naturelle ? Cliquez ici : Comment avoir de l’autorité sans crier ni punir ?

  7. Affirmez-vous comme mère

    En tant que mère vous recevrez toujours des commentaires et des jugements, souvent dissimulés derrière un conseil, en apparence bienveillant. De la dame âgée du marché à votre père, en passant par votre conjoint, ils ont tous leur mot à dire !

    Ne restez pas silencieuse : exercez votre répartie dès que l’occasion se présente, sans vous justifier outre mesure. “Merci madame, mais je n’ai pas besoin de conseils” ; “Je pense connaître mieux mon enfant que vous”, etc.

Le laxiste en moi, le laxiste chez l’autre

Voilà, j’espère que vous y voyez plus clair par rapport au laxisme.

Si vous avez tendance à étiqueter facilement les autres parents de “laxistes”, je vous invite à faire la part des choses grâce à cet article. Et aussi, intéressez-vous à eux : quelles sont leurs valeurs, leur histoire, leurs choix de vie, leurs qualités ? Peut-être même qu’ils vous inspireront 😊

Si cet article vous a donné envie de changer certains de vos “laisser-faire”, je vous encourage à agir par petits pas, en étant indulgente avec vous-même. Si besoin, faites-vous aider par une personne de votre entourage ou un professionnel. Ne laissez pas durer une situation que vous savez néfaste pour votre enfant ❤️

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