fbpx
1

Enfant-roi : et si c’était vous, le “parent-serviteur” ? Faites le test !

Article 2/3. Dans l’article 1, j’ai clarifié le phénomène bien réel qui se cache derrière le mot à la mode d'”enfant-roi”. Dans ce déséquilibre familial, l’enfant n’y est pas pour grand-chose. Et vous, chers parents : seriez-vous un “parent-serviteur” ? Un peu, beaucoup, pas du tout ? Faites vite ce test simple et concret !

Enfant-roi : et si c'était vous, le "parent-serviteur" ? Faites le test ! Être au service de son enfant. Pour qu'il prenne le pouvoir, il faut qu'on le lui donne.

Être au service de son enfant, oui mais pas tout le temps et pas n’importe comment

Comme je l’expliquais dans l’article 1, le comportement des parents est crucial pour qu’un enfant ne soit pas tout-puissant dans la famille. D’une certaine façon…

Pour qu’il y ait un roi, il faut qu’il y ait des serviteurs.

Pour qu’un enfant prenne le pouvoir, il faut que les adultes le lui donne.

En effet, dans une relation de pouvoir, le comportement de soumission du “dominé” contribue autant à cette situation que le comportement du “dominant”. Progressivement, l’un renforce l’autre dans sa position, jusqu’à ce que cela devienne leur mode de fonctionnement quotidien. Peut-être avez-vous déjà observé ce phénomène entre adultes (dans un couple, au travail…) ?

Relation de pouvoir dominant-dominé. Enfant-roi ou parent-serviteur. Asymétrie, déséquilibre naturel : l'enfant est dépendant de nous. Relation de domination

La relation parent-enfant comporte un déséquilibre naturel : l’enfant est dépendant de nous jusqu’à ce qu’il soit suffisamment mature et autonome. Nous lui donnons de l’amour, des moyens matériels, de l’accompagnement dans ses apprentissages – de lui-même, de la vie et du monde qui l’entoure.

Malgré cette asymétrie, la relation parent-enfant doit rester une relation entre êtres humains “d’égal à égal”

Cette relation de dépendance peut malheureusement dériver vers une relation de domination, dans les deux sens :

  1. le parent dominant – l’enfant dominé. À ce sujet lisez mon article Défi Flash #1 : Ne pas donner d’ordre à son enfant
  2. le parent dominé – l’enfant dominant.

C’est de cette 2ème situation dont on parle ici. J’appelle “parent-serviteur”  un ensemble de comportements parentaux qui facilitent le fait que l’enfant va dominer le parent. Bien sûr, ce résultat ne sera pas systématique : cela dépend aussi de la personnalité de l’enfant.

Êtes-vous trop “parent-serviteur” ? Faites le test !

À travers ce test simple, j’ai voulu aider les parents à se situer facilement, et voir quand leur facette “parent-serviteur” va trop loin. Ce test s’applique à toutes les compositions familiales.

TEST : Parmi les comportements listés ci-dessous, cochez ceux que vous adoptez régulièrement.
Suivant l’âge et la maturité de votre enfant, certains de ces actes parentaux sont normaux, donc ne les comptez pas 😉

Partie 1. LE RESPECT DES AUTRES 

J’accepte que mon enfant ne me respecte pas. Je ne dis rien, je ne manifeste ni opposition ni colère quand :

  • il ne me dit pas “s’il te plaît”, “merci”, “bonjour”, “au revoir”
  • il me coupe la parole
  • il m’insulte
  • il me bouscule, me frappe, me griffe, me mord
  • il me crache dessus, pète ou rote face à moi
  • il me fait un bisou de force
  • il m’arrache un objet que j’ai dans les mains
  • il mange dans mon assiette
  • il joue avec ou jette la nourriture que j’ai préparée
  • il utilise mes affaires personnelles sans me le demander (téléphone, bijoux…)
  • il abîme mes vêtements, mes affaires volontairement
  • il fait du bruit après que j’ai dit que j’avais besoin de calme
  • il me réveille
  • il s’immisce dans mon intimité sans demander l’autorisation (entre quand je suis aux toilettes / sous la douche / en train de m’épiler dans la salle de bains, écoute mes conversations téléphoniques, lit mes mails par-dessus mon épaule…)

J'accepte que mon enfant ne me respecte pas. Tape, insulte, arrache, réveille, vole, abîme, fait du bruit, casse, coupe la parole. Enfant-roi et laxisme.

J’accepte que mon enfant ne respecte pas les autres. Je n’interviens pas quand :

  • il fait ce qui est listé ci-dessus à son frère, sa soeur, d’autres enfants
  • il ne vient pas à un rendez-vous sans prévenir (entrainement sportif, anniversaire…), il ne s’excuse pas de son retard à un rendez-vous
  • alors que nous sommes chez une autre famille, il ne respecte pas les règles de leur maison (enlever ses chaussures, se laver les mains, ne pas sauter sur le canapé…)

Partie 2. L’AUTONOMIE 

J’exécute les tâches de sa vie quotidienne que mon enfant a la capacité de faire seul :

  • je l’habille, lui mets ses chaussures, le mets en pyjama
  • je range sa chambre
  • je lui fais son petit-déjeuner, lui beurre ses tartines
  • je lui donne la becquée, je lui coupe sa nourriture
  • je le sers à table
  • je mets son linge au sale
  • je lui essuie les fesses, lui brosse les dents, lui peigne les cheveux, le savonne, le sèche
  • dans la rue je porte son manteau, son sac, ses papiers de gâteaux et ses mouchoirs sales
  • je lui fait faire ses devoirs, je range ses cahiers dans son cartable et y ajoute son goûter

Autonomie de l'enfant. J'exécute les tâches de sa vie quotidienne que mon enfant a la capacité de faire seul. Je passe derrière lui. Enfant-roi ou laxisme ?

Je passe derrière mon enfant pour finir ce qu’il a commencé et réparer ce qu’il a fait :

  • je ramasse ce qu’il a fait tomber
  • je nettoie ce qu’il a sali
  • je jette ses déchets à la poubelle
  • je répare ou rachète ce qu’il a cassé
  • je range ce qu’il a utilisé (ses chaussures, les jeux, la télécommande…)
  • je change le rouleau de papier-toilette qu’il a fini
  • je tire la chasse d’eau après son passage aux toilettes, et le cas échéant je nettoie ses projections
  • j’éteins la lumière et ferme la porte après son passage dans une pièce
  • j’éteins la télé à la fin du dessin animé
  • je finis son assiette, son yaourt
  • je débarrasse son couvert

J’interviens en amont pour qu’il ne se retrouve pas en difficulté :

  • je m’arrange pour qu’il gagne quand on fait un jeu de société
  • je résous ses conflits avec ses copains
  • je fais ses devoirs qu’il ne veut pas faire, ou je mets un mot avec une fausse excuse
  • j’annule le cours de piano s’il n’a pas répété
  • je fais à sa place les passages difficiles de son jeu (construction, coloriage…)
  • j’appelle la personne avec qui il a rendez-vous pour excuser son retard ou son absence
  • je vérifie et remplace régulièrement ses fournitures d’école
  • je l’amène en voiture à ses rendez-vous pour lui éviter d’y aller à pied ou en bus

Partie 3. SANTÉ & BIEN-ÊTRE 

Je ne mets pas de limite à ses envies, je ne le contrains pas même si ça n’est pas bon pour sa santé :

  • je le laisse se coucher à l’heure qu’il veut bien qu’il ait sommeil ou doive se lever tôt
  • je le laisse manger à toute heure, ce qu’il veut
  • je le laisse ne pas se laver pendant plusieurs jours
  • je le laisse rester à l’intérieur et/ou sans activité physique une journée, voire plusieurs jours d’affilée
  • je le laisse devant des écrans autant qu’il veut

Se coucher à l'heure qu'il veut. Manger à toute heure, ce qu'il veut. Ecrans à volonté. Sans sortir et sans activité physique. Enfant-roi ou laxisme.

Partie 4. LA PLACE DE CHACUN

Quand je prends une décision pour la famille, j’opte pour ce que préfère ou a demandé cet enfant. Directement ou indirectement, c’est toujours lui qui :

  • décide de la composition du repas
  • décide des jeux et activités que l’on fait
  • choisit le moyen de transport
  • choisit l’histoire qu’on lit / le film qu’on regarde tous ensemble
  • choisit la musique qu’on écoute à la maison, dans la voiture
  • choisit l’endroit où l’on va se promener, l’aire de jeux on l’on va
  • choisit le restaurant on l’on va dîner
  • décide du lieu et du type de vacances
  • décide ce qu’on achète quand on fait les courses (en alimentation, hygiène, décoration…)
  • décide des autres dépenses qu’on engage (loisirs payants, abonnements numériques…)
  • décide des horaires des repas, de l’emploi du temps de la famille

Je donne la priorité à cet enfant sur ses frères et soeurs, mon conjoint et moi-même. Je lui octroie des privilèges que ceux-ci n’ont pas :

  • je le laisse choisir sa place en premier à table, dans la voiture
  • je le laisse utiliser les jeux et écrans partagés (télé, tablette…), même quand les autres ou moi-même les voudraient
  • j’accepte qu’il mange les plus grosses parts à table, qu’il finisse les plats sans partager
  • s’il demande à passer du temps avec moi ou me faire un câlin, je quitte la personne avec qui j’étais (son frère ou sa soeur, mon conjoint) pour aller avec lui
  • je ne lui demande pas de participer aux tâches domestiques
  • j’accepte qu’il dorme dans mon lit dès qu’il le souhaite
  • je n’interviens pas quand il salit ou dégrade la maison (restes de nourriture dans le canapé, dessin sur les murs…)

Dort dans mon lit, ne participe pas aux taches domestiques. Il est supérieur, un enfant préféré, privilégié. Enfant tout-puissant, enfant-roi , laxisme ou autorite ?

Je lui exprime à quel point il est supérieur aux autres :

  • je ne le ne critique jamais
  • je m’émerveille devant tout ce qu’il fait du matin au soir, même si parfois je ne le pense pas vraiment
  • je le complimente toute la journée : “tu es beau”, “tu es intelligent”, …
  • je critique les autres devant lui (ses copains, sa maitresse, son autre parent….), y compris moi-même
  • je le compare à ses frères et soeurs, à son avantage

Partie 5. DISPONIBILITÉ ET SERVICES 

Je lui donne mon temps et mon argent dès qu’il le réclame :

  • je reste dans le séjour ou la cuisine, je ne quitte pas la maison, pour qu’il puisse toujours me solliciter
  • j’interromps ce que j’étais en train de faire s’il a besoin de moi
  • je change mon programme de la journée pour satisfaire ses demandes
  • je lui achète ce qu’il réclame, et des cadeaux-surprises toutes les semaines
  • je lui donne de l’argent quand il en demande
  • je fais tous les trajets nécessaires pour l’amener là où le veut
  • dès qu’il s’ennuie ou qu’il a un temps libre, j’organise une activité pour lui

RÉSULTAT : Si vous avez adopté au moins 10 de ces comportements quotidiennement vis-à-vis d’un enfant, il est pertinent de vous poser la question : n’êtes-vous pas trop serviteur de votre enfant ? Avez-vous remarqué des conséquences sur son comportement à lui ?

Ce test vous a-t-il touché.e ? fait réfléchir ? Le trouvez-vous utile ? D’accord, pas d’accord ? Dites-nous en commentaires !

Et maintenant, quel que soit le résultat, pas de panique ! Rendez-vous dans l’article 3, où pour chacun de ces thèmes je développe les besoins de l’enfant. Je propose aussi plusieurs façons de l’aimer et l’accompagner, sans pour autant être à son service.

Abonnez-vous pour recevoir toutes mes nouveautés et suivre mon actualité !

Votre espace de discussion 1 commentaires
Frédérique - 11 octobre 2018

Je partage avec vous mes résultats au test : mon péché mignon & mes meilleures astuces, sur la page Facebook de la fabrique de Frédérique : https://www.facebook.com/lafabriquedefrederique
Lien direct vers la vidéo : https://www.facebook.com/lafabriquedefrederique/videos/254209755239552/
À bientôt !
Frédérique

Répondre

Une question, une réaction, une expérience à partager ?