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Enfant-roi : comment sortir de la position de “parent-serviteur” ?

Article 3/3. Après un premier article pour clarifier le phénomène qu’on appelle “enfant-roi”, suivi d’un test pour les parents, parlons solutions ! Pourquoi se met-on au service de son enfant ? Comment rééquilibrer la relation et l’aider à grandir ?

Enfant-roi : comment sortir de la position de “parent-serviteur” ? Pourquoi se met-on au service de son enfant ? Comment rééquilibrer la relation et l’aider à grandir ?

Pour quelles raisons devient-on “parent-serviteur” ?

Pour savoir ce que j’appelle un “parent-serviteur”, lisez d’abord l’article 2 du thème de l'”enfant-roi”.

En général, si on ne change pas une situation, c’est qu’on y trouve un intérêt, même inconscient. Prenez le temps de réfléchir et ressentir ce qui vous pousse à adopter cette attitude de serviteur de votre enfant. Voici une liste non-exhaustive de possibilités :

  • la peur que notre enfant ne nous aime plus
  • la peur que notre enfant souffre (de manque, d’ennui, de déprime…)
  • la peur que notre enfant soit rejeté
  • la peur que notre enfant échoue
  • la peur qu’il n’ait plus besoin de nous
  • vouloir lui prouver qu’on l’aime
  • soulager notre culpabilité, par rapport à une situation dont on est responsable et dont il est susceptible de souffrir :
    • un événement familial (séparation des parents, déménagement…)
    • le peu de temps que nous lui accordons (par exemple en raison du travail)
    • les moyens matériels que nous n’arrivons pas à lui donner (jeux onéreux, vacances, argent…)
  • vouloir éviter que notre enfant exprime une émotion forte face à nous (colère, tristesse…)
  • vouloir éviter d’être en conflit avec notre enfant
  • avoir horreur des contraintes, donc ne pas vouloir en donner à notre enfant

Avez-vous identifié vos sentiments et tiraillements intérieurs ? En être conscient.e ne vous fera pas changer du jour au lendemain, mais vous aidera à modérer votre comportement petit à petit. Vous pourrez mettre en pause votre “pilote automatique” !

D’abord, quelques vérités pas toujours faciles à accepter

Être un “parent-serviteur” revient à rester dans une sorte de “bulle d’illusions” avec son enfant. J’ai mis l’accent sur quatre principes de réalité que je vous invite à méditer :

  • Nous n’avons pas le pouvoir d’éviter les échecs ni la souffrance à notre enfant. En revanche, les expériences qu’il vivra pendant son enfance et son adolescence, avec notre soutien, lui donneront des ressources pour mieux les traverser plus tard.
  • Depuis sa naissance, chaque jour notre enfant a moins besoin de nous que la veille. En contrepartie, il est susceptible d’exprimer des besoins nouveaux en grandissant, tel que du soutien ou des conseils dans les étapes importantes de sa vie. On tend vers une relation d’adulte à adulte.
  • Exprimer ses désaccords et sa colère renforce la relation et l’amour, contrairement aux non-dits. À condition de communiquer avec bienveillance, d’être attentif à ses besoins et à ceux de l’autre.
  • Une vie adulte avez zéro contrainte, ça n’existe pas. Il faut au moins trouver les moyens de se nourrir 😉 Montrons plutôt à nos enfants qu’il y a des contraintes qui aident à réaliser ses projets, et à être plus libre au final !

Regarder la réalité en face et accepter nos limites, avec sérénité, ne rend pas moins heureux, au contraire !

Quelques vérités pas toujours faciles à accepter. Nous n'avons pas le pouvoir d'éviter les échecs ni la souffrance à notre enfant. Rester dans une bulle d'illusions

Comment sortir de la position de “parent-serviteur” ?

Être au service de son enfant quotidiennement nous fait du bien sur le moment, mais ne fait pas du bien à l’enfant sur la durée. Retrouver l’équilibre familial nécessitera de gros efforts de notre part et de la persévérance. Sans compter que notre petit pacha risque de résister, s’il était bien dans sa bulle magique 😉

Voici mes conseils sur chaque thème du test du parent-serviteur. Choisissez-en un et faites des changements par petites touches, dès aujourd’hui !

Partie 1. LE RESPECT DES AUTRES 

Vous êtes le cobaye de votre enfant : il va s’entrainer sur vous, et sur ses frères et soeurs, pendant 20 ans. Jouez votre rôle de “testeur” en réagissant à ses comportements :

  • Ne laissez passer aucun manque de respect à votre égard.
  • Faites-lui comprendre qu’il ne vous a pas respecté.e, sans faire preuve d’irrespect ni de violence, verbale ou physique, à son égard.
  • Si vous n’arrivez pas à vous faire respecter ni à mettre des limites aux autres, faites-vous aider par un professionnel.

Partie 2. L’AUTONOMIE 

N’oubliez pas que :

1) L’enfant apprend en faisant lui-même.
2) L’enfant acquiert une habitude en la répétant lui-même pendant plusieurs mois, voire années.
3) L’enfant prend confiance en lui en surmontant des difficultés lui-même.

En le privant des milliers d’occasions d’apprendre qu’offre la vie quotidienne, vous le handicapez, alors :

  • Résister à la tentation de faire à sa place, aidez-le seulement s’il le demande. Ce n’est pas l’abandonner, c’est lui montrer que vous avez confiance en ses capacités !
  • Régulièrement, apprenez-lui une nouvelle tâche à faire seul.e
  • Gardez quelques exceptions où vous ferez à sa place, par exemple : quand il est fatigué, lors d’un rituel (“le plateau-déjeuner du dimanche matin”, “l’habillage des matins d’école”, “la journée princesse”…), ou juste parce que vous avez envie 😉

L'enfant apprend en faisant lui-même. L'enfant prend confiance en lui en surmontant des difficultés lui-même. L'enfant acquiert une habitude en la répétant.

Partie 3. SANTÉ & BIEN-ÊTRE 

Être bien dans ses baskets, et réaliser ses projets, nécessite de prendre soin de soi et avoir un minimum d’autodiscipline*. Celle-ci aide aussi à résister aux addictions. L’autodiscipline ne vient pas toute seule, c’est donc à vous d’aider votre enfant à l’acquérir :

  • Définissez des règles d’équilibre dans les domaines importants (sommeil, alimentation…), en les expliquant : “Les gâteaux c’est seulement au goûter”, “On sort au moins une fois par jour”, “Les dessins animés c’est seulement les jours sans école”, “On prend la douche un jour sur deux”…
  • Responsabilisez-le petit à petit : “Combien d’épisodes tu regardes ?”, “Quand tu as fini ton livre tu éteins ta lumière, d’accord ?”, “À quel moment on répète la guitare ?”, “Est-ce que tu dois te laver aujourd’hui ?”
  • Utilisez la contrainte seulement dans les situations où il ne sait pas encore se discipliner, en restant flexible (ne pas éteindre la lumière au milieu d’un chapitre parce qu’il est 20h30 !)
  • Gardez des temps où on oublie les règles (le weekend, les célébrations…)

* savoir agir plutôt que ne rien faire, savoir arrêter une activité plaisante au profit d’une activité moins plaisante.

Partie 4. LA PLACE DE CHACUN

Pour se sentir bien dans sa famille, chacun a besoin d’être écouté, valorisé, et que ses besoins soient respectés. Cela ne se fait pas tout seul. Les parents ont un rôle actif pour protéger la place de chacun et couper court aux phénomènes de domination.

  • Critiquez votre enfant avec bienveillance : “Il y a du lait renversé sur la table du goûter. Est-ce que tu peux nettoyer s’il te plaît ?”
  • Faites découvrir à votre enfant qu’il peut avoir du pouvoir sans dominer : faire rire sa famille, mener des jeux avec les copains, régaler ses parents, les émouvoir avec des histoires…
  • Animez la prise de décision parents-enfants : écoutez chacun, discutez tous ensemble, négociez, votez… de sorte à ce que personne ne se sente lésé.
  • Aidez vos autres enfants à exister : donnez-leur la parole, valorisez-les, passez du temps avec eux…

La place en famille. Ecouté, valorisé, besoins respectés. Les parents protègent la place de chacun et coupent court aux phénomènes de domination.

Partie 5. DISPONIBILITÉ ET SERVICES 

Un enfant n’a pas vraiment besoin d’un domestique, d’un tiroir-caisse ni d’un taxi. Il a surtout besoin de recevoir de l’amour et d’apprendre la patience.

  • Exprimez-lui votre amour en passant du temps avec lui, en lui faisant des câlins et en l’encourageant. C’est assez peu via les services que vous lui rendez, les jouets que vous lui achetez ou l’argent que vous lui donnez qu’il ressentira votre amour. À ce propos, découvrez l’expérience de la lettre au père Noël.
  • Apprenez-lui à patienter pour assouvir un désir : il en aura tant besoin pour aller au bout de ses projets, car le talent ne suffit pas !
    • Différez votre disponibilité : “Je finis ma gym et je viens, d’ici une demi-heure”.
    • Incitez-le à trouver une solution sans vous : “Comment pourrais-tu avoir 5 euros pour t’acheter la toupie ?”
    • Laissez-lui du temps libre, même s’il s’ennuie parfois.
  • Montrez l’exemple : exprimez vos besoins et vos envies devant lui et… débrouillez-vous pour les assouvir, avec persévérance 😉

Moins de services, de jouets et d'argent, plus de câlins, de temps ensemble et d'encouragements. Amour parent-enfant. Apprendre la patience.

Si malgré vos efforts, votre famille continue de souffrir d’un enfant dominant, ne tardez pas à consulter un professionnel, par exemple un médiateur ou un thérapeute familial.

L’espace de discussion ci-dessous est à vous : Quel serviteur êtes-vous ? Comment faites-vous pour maintenir l’équilibre familial ? Est-ce facile avec chacun de vos enfants ? Partagez en commentaires, on a tant à apprendre de chaque famille !

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