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Défi Flash #2 : Arrêter de poser des questions bateau aux enfants

Imaginez que vos amis vous présentent leur fils. Que vous revoyez vos petites-cousines après plusieurs mois. À coup sûr vous leur posez les questions classiques : quel âge as-tu ? dans quelle classe es-tu ? Des questions bateau comme celles-là, j’en ai trouvé 9 ! Bannissez-les et vous découvrirez plus sincèrement ces petites personnes.

Arrêter de poser des questions bateau aux enfants. Quel âge as-tu ? Dans quelle classe es-tu ? Que veux-tu faire plus tard ? As-tu des bonnes notes ?

Le Défi Flash, un challenge ludique pour parents curieux

Le Défi Flash est une méthode simple et amusante, pour nous sortir d’une insatisfaction voire d’un blocage avec un enfant. J’aime bien me lancer ces petits défis quand j’ai l’impression d’avoir tout essayé 😉

Je crois aux Défis Flash car je fais les hypothèses suivantes :

  • Je serai plus créative en me mettant des contraintes.
  • C’est en expérimentant que je trouverai ce qui marche, plutôt que par la seule théorie.
  • C’est comme un jeu, car je ne fais pas prendre de risques à l’enfant et je suis curieuse de ce qui va se passer 😀
    Je serai plus créatif/créative. C'est en expérimentant que je trouverai. C'est comme un jeu. J'apprendrai des choses sur le fonctionnement de mon enfant.
  • Je ne me mets pas la pression puisque c’est “sans engagement” : je limite le défi dans le temps, et à la fin je décide ce que je continue et ce que j’arrête.
  • J’apprendrai des choses sur mon fonctionnement et celui de l’enfant, quelle que soit l’issue du défi.

Si vos échanges avec vos enfants sont souvent tendus, je vous recommande d’essayer mon Défi Flash #1 : Ne pas donner d’ordre à son enfant.

Est-il intéressant de discuter avec un enfant ?

Ce Défi Flash concerne les discussions que vous avez avec des enfants qui ne sont pas les vôtres. Une amie invitée par votre fille, les enfants de vos amis, vos neveux et nièces…

Toutes ces situations parfois étranges où vous, l’adulte, tentez de vous mettre à hauteur de cet enfant que vous connaissez peu. Par ailleurs, vous verrez que ce défi s’applique aussi dans plein d’autres cas 😉

Excluons les situations où vous vous contentez des formules de politesse, sans intention de faire connaissance avec l’enfant. Je parle ici des situations où :

  • vous avez une curiosité, un intérêt sincère envers l’enfant
  • vous voulez juste qu’il se sente accueilli et bien chez vous

Dans les repas et les fêtes, souvent les adultes restent entre eux, et les enfants entre eux. On fait souvent deux tables séparées, ou deux services. On a vite tendance à penser qu’une conversation avec un enfant est limitée, peu intéressante.

Pourtant je trouve que les enfants sont d’une grande richesse et inspirants, malgré leur jeune âge. Quand on arrive à établir le contact, on peut avoir accès à leur sensibilité, leur sens de l’humour, leur singularité.

Un défi pour entrer en contact autrement : mode d’emploi

Ce Défi Flash consiste à vous abstenir de poser les questions suivantes aux enfants que vous rencontrez ! Poser cette contrainte pendant plusieurs semaines, dès que l’occasion se présente, vous oblige à imaginer des alternatives et à vous y entraîner.

Les 9 questions à black-lister

Non seulement leur réponse ne nous sert pas à grand-chose, mais ces questions présentent des inconvénients, que j’explicite sous chaque question.

  1. Quel âge as-tu ?
    La réponse nous incite à le comparer avec d’autres enfants (“Il est moins mature que Lucas”, “Elle est plus autonome que Lilas au même âge”, “Il lit mieux que Nathan”…)
  2. As-tu des frères et soeurs ?
    On s’intéresse plus à son entourage qu’à lui.
  3. Dans quelle classe es-tu ?
    La réponse nous incite à le comparer avec d’autres enfants ou à orienter la discussion sur l’école.
  4. Quelles sont tes matières préférées ?
    Question limitante, puisque les matières scolaires ne sont qu’une infime portion des centres d’intérêt possibles. Par ailleurs, elles ne sont pas classées comme des activités de la vie quotidienne (“français”, “math”, “arts plastiques”, “EPS”… et non pas “lire”, “faire des pâtisseries”, “dessiner”, “jouer avec des dinosaures”, “faire du skate”)
  5. Tu as des bonnes notes à l’école ?
    On sous-entend que sa valeur est proportionnelle à ses résultats scolaires.
  6. Que veux-tu faire plus tard ?
    On sous-entend qu’il devrait savoir ce qu’il veut faire dans 10 ou 20 ans (!). Par ailleurs on le contraint à choisir dans la liste des métiers qu’il connaît, soit relativement peu.
  7. Tu as beaucoup d’amis à l’école ?
    On sous-entend que s’il n’a pas beaucoup d’amis, il a un problème.
  8. Tu as un(e) amoureux(se) ? Comment s’appelle-t-il(elle) ?
    Question très intrusive, qui fait effraction dans son intimité.
  9. Qu’est-ce que tu as eu comme jouets à ton anniversaire / à Noël ?
    Cette question met l’accent sur ses possessions matérielles, et non pas sur lui.

Des questions qui révèlent les repères des adultes

Je ne dis pas que ces questions sont à bannir totalement, mais qu’elles sont loin d’être les plus appropriées pour une première rencontre. Récapitulons les inconvénients de ces questions pour l’enfant.

  • Elles définissent son identité par des éléments factuels (âge, nombre de frères et soeurs, classe…)
  • Elles réduisent sa vie à l’école, en particulier aux résultats scolaires, et à son aboutissement : sa future activité professionnelleQue veux-tu faire plus tard ? As-tu des amis à l'école ? Quelles sont tes matières préférées ? Qu'as-tu eu comme jouets à Noël ?
  • On sous-entend qu’on a des attentes vis-à-vis de lui, qu’il y a une normalité à laquelle se conformer
  • L’enfant se sent interrogé, pas écouté et ne s’ouvre pas. Il peut alors réagir de diverses façons : en répondant mécaniquement tel un “bon élève”, en restant silencieux, en fuyant…

Je parle des 3 grandes attentes qu’ont les parents envers leurs enfants, dans mon article Les 3 choses auxquelles renoncer à propos de son enfant.

Comment discuter autrement avec un enfant ?

Pour ouvrir le dialogue, voire la complicité, il est nécessaire d’établir la confiance et la connexion émotionnelle d’abord. Il n’y a a priori aucune raison pour que l’enfant s’ouvre à ce quasi-inconnu que vous êtes ! Racontez-vous votre vie au premier venu dans une soirée, vous ?

Par exemple, voici quelques “approches” que j’utilise :

  • Evoquer le passé très proche. “Comment es-tu venue ?”, “As-tu passé une bonne après-midi ?”
  • Parler de l’instant présent. “Quel soleil ! C’est vraiment agréable de prendre l’apéritif dehors”
  • Partir d’une observation. “Je vois que tu as mis du vernis aujourd’hui, je le trouve très joli”, “J’ai l’impression que tu as fait la grimace en goûtant la soupe. Tu n’aimes pas ?”.
  • Poser des questions ouvertes, c’est-à-dire éviter les questions auxquelles on répond par “oui” ou “non”, et les questions avec des “ou”. Exemple : “C’est quoi un dimanche de rêve pour toi ?”
  • Rebondir sur ce qu’il dit. Cela nécessite de l’écouter plutôt qu’enchaîner les questions.
  • Rentrer dans son imaginaire. “Ah bon, le Pokemon a mis une puce dans son ennemi pour le contrôler ?!”. Participer à ses pitreries, ses jeux de rôles.
  • Parler de soi. “Qu’est-ce que j’ai faim, j’espère qu’on mange bientôt !”, “J’adore cette chanson, elle me donne envie de danser”
  • Ne pas se positionner comme supérieur ou comme “celui qui sait”

Ce qui est amusant c’est que cela marche aussi entre adultes, ainsi qu’avec des enfants qu’on connaît très bien – les nôtres par exemple !

Si cet article vous a plu, je vous invite à écouter cette courte conférence de Laurent Gounelle. Elle commence par cette phrase “Imaginez que nous sommes en tête-à-tête, et que je vous pose la question : Qui êtes-vous ?“…

Et vous, comment faites-vous pour discuter avec un enfant que vous connaissez peu ? Partagez vos histoires en commentaires !

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Votre espace de discussion 4 commentaires
Tatiana - 29 janvier 2019

Merci pour cette piqure de rappel.
A mon garçon, j’essaie en effet de poser les questions plus intelligemment (à côté de qui tu as été assis à la cantine ? avec qui as-tu rigolé auj ? etc.)
Mais j’avoue qu’il est plus difficile de poser ce genre de questions aux enfants que nous connaissons peu.
En effort à faire de ce côté-là de mon côté 🙂

Répondre
Frédérique - 1 février 2019

Merci Tatiana pour ton témoignage 🙂

Répondre
Cibee - 14 février 2019

Tes articles sont super inspirants Frédérique. Je sens une implication infinie de ta part sur ce sujet et je trouve cela tellement merveilleux. Pour ma part, je tente chaque jour de me rééduquer pour comprendre que l’enfant et à l’instar de l’adulte un être à part entière. Et effectivement, dès que je me rappelle de cela, mes relations avec adultes/enfants sont infiniment plus riches;
Pour ma part, j’observe beaucoup l’enfant lorsque je ne le connais pas (surtout s’il est dans la rue, dans le métro) je souris énormément puis dès que j’ai une occasion je rebondis sur un sourire/quelquechose de marrant qu’il vient de se passer (ou en tout cas qui a déclenché une grimace positive/négative chez l’autre).

J’ai adoré tes propositions. Et ta liste de question bateau. Effectivement elles mènent rarement à l’ouverture pour ces dernières. Et tes propositions sont une grande richesse pour moi à essayer dès maintenant sur petits et grands !

Merci pour ta Lumière et ta Richesse

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    Frédérique - 25 février 2019

    Merci Cibee pour tes compliments ! Et un deuxième merci pour avoir mis des mots si justes sur ce riche cheminement qu’ouvre la position de mère ou de père : “me rééduquer”, “j’observe”, “je rebondis”, le sourire et le jeu 🙂 J’espère que cela touchera les lecteurs autant que moi !
    À bientôt,
    Frédérique

    Répondre

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