fbpx

Couple : mettez fin aux disputes sur l’éducation avec les 3 “V”

Les désaccords sur l’éducation des enfants sont un sujet de dispute fréquent dans un couple. Ils peuvent même contribuer à une séparation. Découvrez les 10 erreurs qui entretiennent les tensions, les 3 “V” sur lesquels il faut s’accorder et des tas de conseils concrets pour apaiser le quotidien !

Les désaccords sur l’éducation des enfants, un sujet de dispute fréquent dans un couple, risque de séparation. Les 10 erreurs qui entretiennent les tensions.

Deux personnes différentes donneront deux parents différents

Dès la naissance de l’enfant, papa et maman ne lui mettent pas la couche de la même façon, ne lui donnent pas le bain pareil et ne lui parlent pas avec les mêmes mots. Et ce n’est que le début d’une longue série de divergences !

Un jour de semaine, Aline revient d’une soirée avec une amie, et découvre que sa fille a mangé MacDo, s’est couchée à 23h après avoir regardé une émission de télé-réalité, et n’a pas fait ses devoirs. Les 3 piliers de son éducation (alimentation, sommeil, école) ont été piétinés en une soirée ! En furie, elle entre dans la chambre, où son mari est en train de lire, encore guilleret de la soirée qu’il vient de passer en tête-à-tête avec sa fille… Je vous laisse imaginer la suite !

Marc et sa femme sont dans la cuisine quand leur fils leur montre un mot de la maitresse : c’est une convocation en raison d’une bagarre dans la cour et de son insolence en classe. Sa femme va s’installer dans le canapé avec lui, le câline contre sa poitrine et cherche à savoir qui l’a embêté à l’école. Le sang de Marc ne fait qu’un tour : il attrape son fils par le bras : “Ton comportement à l’école est inadmissible, tu es privé de jeux vidéo pendant 3 jours, et maintenant va dans ta chambre y réfléchir !”… Je vous laisse imaginer la suite !

Pourquoi est-on agacé par le comportement de son conjoint avec ses enfants ? petits désaccords du quotidien. Conjoint trop laxiste, trop autoritaire, trop sévère.

Pourquoi est-on agacé par le comportement de son conjoint avec ses enfants ?

Ces “petits désaccords du quotidien” sont fréquents. À la longue, on a vite fait d’étiqueter son conjoint de “trop ceci” ou “pas assez cela” : trop sévère, pas fiable, trop autoritaire, pas assez tendre, trop laxiste…

À propos d’étiquettes, avez-vous lu La famille n’est pas un jeu de rôles ! (poème) ?

Pourtant, notre réaction dit d’abord quelque chose de nous. C’est le triangle “mon conjoint – mon enfant – moi” qui crée des étincelles en nous. Essayez de répondre à ces questions :

  • à quels comportements en particulier réagissez-vous ?
  • vous sentez-vous en empathie avec votre enfant ?
    • Que dirait l’enfant qui est encore en vous ? “Ne me crie pas dessus, tu me fais peur” ; “Laisse-moi un peu plus libre” ; “Ecoute-moi” ; “Fais-moi confiance, je suis grand”… ?
  • êtes-vous touché.e par le comportement de votre conjoint vis-à-vis de vous ?
    • Comment vous sentez-vous ? déçu.e ? seul.e ? énervé.e ? impuissant.e ? bloqué.e ? vexé.e ? …

La prochaine fois qu’il/elle vous agace, rongez votre frein et prenez quelques heures, voire quelques jours, pour voir clair en vous. Ensuite vous pourrez lui en parler sans le pointer du doigt.

Les 10 erreurs qui entretiennent les désaccords

Nous avons des “réactions réflexes”, qui entretiennent la distance entre notre conjoint et nous sur les questions d’éducation. En voici 10 d’entre elles. Attention, c’est le moment de l’article où il est difficile de se regarder dans la glace 😉

  • commenter, voire critiquer, tout ce que dit ou fait notre conjoint en tant que père/mère
  • prendre personnellement ce que notre conjoint dit ou fait en tant que père/mère
  • “étaler sa science” en éducation
  • jalouser la relation entre notre conjoint et notre enfant
  • donner des ordres à notre conjoint, dans le but qu’il nous obéisse
  • se victimiser : “c’est pas de ma faute”, “mais tu ne m’as pas dit que…”
  • vouloir avoir raison
  • dire l’inverse à l’enfant, après que notre conjoint a répondu oui ou non à sa demande
  • vouloir paraître parfait.e aux yeux de notre enfant
  • se comparer avec d’autres familles (avec nos parents quand on était petit, les amis…)

D’une certaine façon, les postures de supériorité (jugement, domination, intrusion, je-sais-tout…) et d’infériorité (plainte, autocritique, susceptibilité…) entretiennent les tensions.

Il est fondamental de communiquer d’égal à égal avec son partenaire.

En couple, les postures de supériorité et d’infériorité entretiennent les tensions. Il est fondamental de communiquer d’égal à égal avec son partenaire.

Éduquer, une influence subtile

Trop de parents confondent “éduquer” avec “modeler”. Ils pensent qu’ils ont le pouvoir de fabriquer le jeune adulte que deviendra leur enfant : poli, propre, responsable, travailleur, etc. Comme si l’enfant qu’il était, puis l’adulte qu’il deviendrait, étaient le résultat de leur éducation. Ce que reflète d’ailleurs l’expression populaire “enfant bien élevé / mal élevé”.

Mais la réalité est tout autre ! Elle est une alchimie entre :

  • la personnalité de l’enfant
  • la relation qu’ils nouera avec chacun de ses deux parents – ou d’autres adultes.
  • l’environnement familial dans lequel il vit – qui “déteint” sur lui.

Si l’enfant était une fleur, maman serait le soleil, papa serait l’eau et son environnement familial serait le jardin 🙂

L'éducation, alchimie entre la personnalité de l’enfant, la relation avec ses parents, son environnement familial. Comme une fleur a besoin d'eau et de soleil.

Oublions l’axe “personnalité” car nous n’avons pas d’influence dessus. Commençons par l’axe “relation avec ses parents”.

Éduquer ensemble, ce n’est pas éduquer pareil

Nous avons la responsabilité d’avoir une bonne relation avec notre enfant, mais pas seulement ! Nous avons aussi la responsabilité de :

  • favoriser la relation entre notre enfant et un autre adulte : notre conjoint.
  • nous assurer que cette relation est saine – pour protéger notre enfant si besoin.

En effet, notre conjoint ne lui fera pas manger la même chose que nous, ne le fera pas se coucher à la même heure, ne l’emmènera pas faire le même type de sorties, ne le consolera pas de la même manière, ne lui donnera pas le même exemple.

Plutôt que prendre cela comme un problème, voyez cela comme une chance pour votre enfant ! En grandissant il “prendra” ce qui lui convient le mieux, parmi le meilleur de vous deux 😉

Grandir entouré de deux adultes si différents, c’est une ouverture qui l’enrichit.

Et renoncez à l’idée que papa et maman aient le même comportement au quotidien : cela n’arrivera jamais ! Deux personnes différentes donneront toujours deux parents différents.

Les 3 “V” sur lesquels il faut converger

Passons maintenant à l’environnement familial, que vous allez co-créer avec votre conjoint. Il dépend de vos aspirations et de ce qui est essentiel pour vos enfants, selon vous. Ceux-ci ont besoin d’un environnement cohérent et stable.

C’est sur ce cadre global, que j’ai appelé les 3 “V”, qu’il est indispensable de converger :

  • les Valeurs de votre foyer
    Ce qui est important pour vous. Exemples : la liberté individuelle, l’écologie, l’humour, le respect d’autrui, l’entraide…
    Plutôt que les énoncer, votre job est de les incarner, dans vos paroles et vos actes. Pas toujours facile !
  • vos choix de Vie
    Ce sont les choix impactants pour toute la famille : lieu de vie, alimentation, vacances, utilisation de l’argent…
    Ainsi que les décisions impactantes sur la vie de votre enfant : établissement scolaire, autorisations comportant un risque (sortir seul, avoir un smartphone, faire du scooter…), moyens financiers que vous lui donnez…
  • la place de la Violence
    Vous devez être en phase sur votre définition de la violence, et ce qui est interdit dans votre foyer (ex : moqueries, fessées, chantage…).

Trouver un terrain d’entente nécessitera du dialogue régulier, de l’écoute, de la patience, de l’empathie, de la flexibilité… Si besoin renouez avec les raisons qui vous ont amenés à vous aimer et à vivre ensemble.

À ce sujet, j’ai écrit un autre article : Vous souvenez-vous pourquoi vous avez fait des enfants ?

Si vous n’arrivez pas à vous mettre d’accord, pourquoi ne pas vous faire aider par un médiateur ou un thérapeute conjugal ?

Le couple crée un environnement familial, converge sur ses valeurs, ses choix de vie, la violence dans le foyer. Dialogue régulier. Médiateur ou thérapeute.

Mes conseils pour apaiser le quotidien

En dehors des cas d’urgence (enfant violenté ou en danger), voici quelques conseils pour apaiser les désaccords du quotidien :

  • relativisez. Ce n’est pas grave si votre enfant mange mal ou se couche tard de temps en temps. Abordez seulement les divergences qui ont un impact fort à long-terme.
  • privilégiez la relation enfant-parent. Si une entorse à vos principes a permis un moment privilégié entre père et fils, n’est-ce pas une bonne nouvelle ?
  • laissez l’autre parent décider quand il est seul avec les enfants, dans la limite du cadre global que vous avez fixé ensemble.
  • ne les empêchez pas de faire une activité sous prétexte que vous n’aimez pas ça. Laissez-les faire sans vous.
  • montrez l’exemple et laissez le temps faire son oeuvre, plutôt que chercher à convaincre. Vous verrez, votre conjoint va petit à petit vous imiter sans s’en rendre compte !
  • complimentez régulièrement votre conjoint devant les enfants – avec sincérité !
  • ne décrétez pas les règles unilatéralement. Prenez le temps de vous écouter et décider ensemble.
  • n’attendez pas de votre conjoint quelque chose qu’il ne peut pas donner. Si c’est important pour votre enfant, peut-être qu’un autre adulte peut le lui donner ?
  • inspirez-vous de votre conjoint : essayez de développer ses qualités
  • accueillez ses erreurs avec bienveillance. Il a sûrement fait de son mieux.
  • évitez de vous enfermer chacun dans 2 rôles opposés (cool / autoritaire, câlin / froid, sérieux / drôle…)
  • avant d’intervenir, vérifiez que vous le faites dans l’intérêt de l’enfant, et pas le vôtre (pour ne pas perdre la face, par peur d’être moins aimé.e, etc)
  • laisser l’enfant décider peut résoudre un désaccord parental, si sa maturité le permet.

Lisez aussi mes conseils pratiques pour avoir des moments parent-enfant en tête-à-tête : 10 astuces faciles pour passer du temps avec chaque enfant

Pour finir, un petit exercice !

Tu as de la chance d'avoir papa / maman parce que...

  • listez 5 qualités de votre conjoint, que vous n’avez pas ou peu
  • trouvez 5 choses que votre enfant fait avec votre conjoint et pas avec vous
  • trouvez 5 situations où votre conjoint est plus cool que vous

Et vous, avez-vous des désaccords avec l’autre parent ? De quelle nature ? Convergez-vous sur les 3 “V” ? Comment faites-vous pour surmonter vos divergences ? Partagez en commentaires 😉

Note : dans cet article je promeus le fait qu’un enfant soit éduqué par au moins 2 adultes, pour la diversité des modèles, mais en aucun cas je ne promeus le modèle traditionnel de la famille. J’ai juste pris quelques raccourcis de forme, car c’est super compliqué de prendre en compte toutes les compositions familiales à l’écrit !

Abonnez-vous pour recevoir toutes mes nouveautés et suivre mon actualité !

Votre espace de discussion 0 commentaires

Une question, une réaction, une expérience à partager ?