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Comment résister à une demande de dessin animé ?

“Maman, je peux regarder un dessin animé ? Allez, juste un épisode, avant de manger, s’il te plaîîît !”. Les demandes pressantes d’écrans ont le don de m’agacer ! En particulier quand il fait beau, qu’il y a plein de jeux à la maison, ou que je suis disponible pour mes enfants. Découvrez 3 stratégies efficaces de résistance…

Comment résister à une demande de dessin animé ? L'enfant insiste, le parent cède. Quelles règles pour limiter les écrans ?

L’engrenage infernal des écrans

Faire découvrir l’existence des dessins animés à un enfant, c’est un peu comme offrir une tétine à un nourrisson. L’enfant ayant découvert l’effet si confortable du dessin animé, il va ressentir l’envie d’en prendre une dose, le manque, la difficulté à arrêter. On entre dans un véritable engrenage !

Il va alors se heurter à la résistance de notre “bonne mère” qui veut limiter le nombre d’heures d’écran, éviter les dessins animés débiles, le protéger de l’addiction. La mère qui craint qu’il devienne obèse ou tout simplement… bête !

La résistance de la mère en nous qui “tire son enfant vers le haut” et veut prioriser d’autres activités jugées plus saines (promenade, activités manuelles…) ou comportant des apprentissages (jeux de construction, jeux éducatifs, devoirs scolaires…).

Inquiète du temps passé par votre enfant devant des vidéos ou des émissions ? Faites le point grâce à mon article Idoles, télé-réalité, réseaux sociaux… votre enfant vit-il sa vie par procuration ?

Cette scène, on a l’impression qu’elle se répète chaque jour ou presque : l’enfant demande, puis on dit “non”, puis il commence à insister, à négocier. Parfois c’est interminable. Parfois on finit par céder. Dans cet article je partage 3 attitudes qui m’ont permis de :

  • dissuader mes enfants de me demander un dessin animé
  • quand ils demandent, que ce soit moins long et moins pénible

1. Être ultra-claire sur les règles

Un enfant n’a pas encore la capacité d’autodiscipline face aux écrans, dont l’effet d’attraction est hyper-puissant. Les règles font office de repères.

À quoi sert de poser un cadre ?

Pour moi, c’est fondamental. Un enfant n’a pas encore la capacité d’autodiscipline face aux écrans, dont l’effet d’attraction est hyper-puissant. Vous devez dire à votre enfant quand vous l’autorisez à regarder des dessins animés, à quelle dose, à quelles conditions.

Plutôt que des interdits, les règles font office de repères. Elles n’empêchent pas la souplesse et les exceptions.

Sans elles, votre enfant est soumis à un comportement aléatoire de votre part, complètement imprévisible. Un jour vous dites oui, un jour non, il ne sait pas forcément pourquoi. C’est quelque chose d’angoissant et de déresponsabilisant. Imaginez qu’au travail on vous fasse des réponses aléatoires et inexpliquées à vos demandes de télétravailler, d’arriver plus tard, de poser un congé, etc ?

Par ailleurs, ce pouvoir que vous avez de lui faire plaisir ou non peut vite devenir une “carotte” ou un outil de punition opportuniste : “D’accord mais tu ranges ta chambre avant” ; “Non car tu as traité ton petit frère de nul tout à l’heure”.

Soumettre votre enfant, et ses désirs de plaisir via les dessins animés, à votre “bonne volonté” ou à votre humeur, ne peuvent que nuire à la relation de confiance entre vous.

Mes astuces en +

Mini-guide pour fixer les règles

Voici quelques questions pour vous aider à imaginer vos règles :

  • Doit-il demander l’autorisation avant d’allumer l’écran ?
  • Quels jours de la semaine peut-il regarder des dessins animés ?
  • À quels horaires peut-il regarder des dessins animés ? Ou avant/après quel repère journalier (lever, repas, école…) ?
  • Quel type de dessin animé peut-il regarder ?
  • Quelle durée maximum ?
  • À quelles conditions peut-il regarder un dessin animé ? (devoirs faits, mauvais temps…)

Attention : inutile de surcharger les règles (évitez l’usine à gaz !), de les ultra-préciser, ni de faire un planning. Choisissez quelques garde-fous importants pour vous, que vous répéterez en boucle à vos enfants. Non seulement ce sera plus facile à retenir pour eux, mais vous garderez une marge d’adaptation, d’improvisation, car la vie c’est aussi ça 😉

Par exemple, pour nos enfants de 8 et 6 ans, nos garde-fous actuels sont les suivants :

  • toujours demander avant d’allumer
  • dessins animés seulement les jours sans école
  • les dessins animés ne sont pas la 1ère activité après s’être levé
  • maximum 1 long-métrage ou 4 épisodes de 20 min d’affilée (soit environ 1h30)

Les règles, et leur respect, rendront votre enfant plus serein, et renforceront votre confiance mutuelle. Bien sûr, vous ajusterez ces règles en fonction de ce que vous expérimentez à la maison – elles ne doivent pas être théoriques ni figées ! Aussi, au fur et à mesure qu’il grandira, ce cadre s’élargira et la discipline viendra progressivement de lui.

Vous avez du mal à ne pas céder à ses supplications ? Je vous aide à développer une autorité naturelle ici : Comment avoir de l’autorité sans crier ni punir ?

2. Le laisser trouver un substitut au dessin animé

Derrière la demande, il y a un besoin

Souvent, l’enfant demande un dessin animé car il ressent un inconfort, et il cherche à le soulager. Par exemple, il s’ennuie, il est fatigué, il est contrarié, il est triste. Il a remarqué que regarder un dessin animé l’aide à traverser cet état, par son effet “anesthésiant”, donc il le réclame. Peut-être vous affalez-vous, vous aussi, devant la télé ou des vidéos après une journée fatigante, ou une dispute avec votre conjoint ?

Cette deuxième stratégie, c’est dire non ET ne pas se rendre disponible, pour contraindre l’enfant à traverser seul l’état dans lequel il est. Bien sûr, au début il ne voudra pas et insistera : il faudra faire preuve d’une grande résistance, parfois pendant de longues minutes 😉

L’enfant demande un dessin animé car il ressent un inconfort, et il cherche à le soulager. Par exemple, il s’ennuie, il est fatigué, il est contrarié, il est triste.

Laisser passer le temps sans le dessin animé l’amènera à trouver d’autres façons de soulager ses émotions inconfortables : écouter de la musique, dessiner, lire, courir dans le jardin, faire une sieste… Avec cette stratégie, vous l’aidez à expérimenter ce qui lui fait du bien, à mieux se connaître et… avoir moins recours aux dessins animés ! C’est une stratégie long-terme 😉

Attention “cas d’urgence” : l’émotion peut être si forte que l’enfant a besoin de vous pour s’en remettre : dans ce cas accompagnez-le dans un soin émotionnel.

Je vous aide à réagir aux émotions de votre enfant dans l’article Les 5 habitudes à prendre pour en finir avec les crises quotidiennes

Mes astuces en +

En mettant des mots sur ce qui se passe, vous aidez l’enfant à en prendre conscience :

  • quand il demande un dessin animé, essayez de lui faire exprimer dans quel état il se trouve, voire sa causeIl est crevé après son entraînement de basket ? Elle s’ennuie quand son frère n’est pas là ? Il s’est fâché contre son ami à l’école ?
  • après, évoquez le substitut qu’il a trouvé : “En revenant de l’école tu voulais absolument regarder un dessin animé, puis finalement tu as joué très longtemps dans ta chambre aux Playmobil.”

Si vous ressentez de la tristesse chez lui et avez du mal à en parler, je vous recommande d’utiliser la roue de la tristesse.

3. Planifier la séance de dessin animé à court-terme

Comment dire non à une demande de dessin animé ? Planifier la séance plus tard dans la journée, ou le lendemain. Respecter son engagement !

Si vous n’êtes pas d’accord pour qu’il regarde un dessin animé maintenant, une façon simple de résister est de planifier la séance plus tard dans la journée, ou le lendemain. Expliquez pourquoi et soyez précise sur l’horaire de la séance.

Et surtout : respectez votre engagement et n’ajoutez pas sans cesse des conditions supplémentaires. Un deal est un deal 😉

Mes astuces en +

Montrez que vous faites des efforts pour satisfaire son désir. “Je suis d’accord pour faire le repas 30 minutes plus tôt pour que tu aies le temps de regarder un DVD avant qu’on parte chez Catherine & Michael”. Ainsi, il sent que vous ne désapprouvez pas cette activité, et vous renforcez la confiance entre vous.

“Limites de consommation” et confiance parent-enfant, le duo gagnant

Finalement, mon approche vis-à-vis des dessins animés est de mixer :

  • du rationnel : des limites de consommation claires et concrètes
  • une attitude : savoir dire non tout en sachant écouter, négocier, s’adapter quand nécessaire.

Et vous, quelles règles avez-vous fixées ? Sont-elles respectées ? Les dessins animés sont-ils source de tension avec votre enfant ? Comment apaisez-vous la situation ? Partagez en commentaires !

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Frédérique - 25 février 2019

BONUS : une expérience personnelle pour illustrer la 2e stratégie
Ma fille de 6 ans demande avec insistance à pouvoir regarder des épisodes des Winx, un soir de semaine peu de temps avant le dîner. Je dis non, elle insiste, puis je finis par dialoguer. Elle me confie qu’elle est fâchée contre sa soeur et ajoute “Y a que les Winx qui peuvent me consoler”.
Nous parlons de sa tristesse en regardant la roue de la tristesse. Elle s’apaise petit à petit, puis je m’en vais. Pendant les 30min qui ont suivi, elle a fait des coloriages.
Dans ma tête je me dis : non, il n’y a pas que les Winx qui peuvent te consoler :-)))

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