fbpx

Comment avoir de l’autorité sans crier ni punir ?

Quand je vous dis “autorité”, à quoi pensez-vous ? À cette faculté que vous avez de vous faire obéir de vos enfants en toutes circonstances ? Ou plutôt à ces parents sévères auxquels vous ne voulez absolument pas ressembler ? Dans cet article, je défais 5 contresens et vous aide à trouver votre autorité naturelle.

Comment avoir de l’autorité sans crier ni punir ? Sévère, laxiste, comment se faire obéir de ses enfants ? Conseils pour développer une autorité naturelle.

À quoi sert l’autorité ?

Notre enfant a à peine 1 an que déjà certains de ses comportements nous hérissent : il escalade tout, jette la nourriture, renverse nos objets, tape les autres… Plus tard, viennent s’ajouter les demandes (acheter un bonbon, regarder un dessin animé…). Nos journées sont finalement jalonnées de ces moments où nous sentons que nous devons réagir pour le bien de l’enfant (ou le nôtre !).

Il y a les situations d’urgence (enfant qui se met en danger ou met en danger les autres). Puis tous les cas quotidiens où il n’est pas respectueux, voire violent, où il refuse de faire ce qu’on lui demande, où il demande quelque chose, parfois avec insistance.

Face aux demandes pressantes de vos enfants, lisez mon article Lui apprendre la frustration : la mauvaise excuse des adultes

Face à ces comportements, nous pouvons avoir des réactions réflexes : lui donner un ordre, crier, l’attraper. Mais aussi une absence de réaction : le laisser-faire. Nous pouvons hésiter : est-ce que j’interdis ou j’autorise ? est-ce que je réagis ou pas ? j’attends un peu ? comment je réagis ? je le gronde, le punis ? C’est là que se pose la question de notre autorité.

L’autorité du parent est indispensable pour :
– protéger l’enfant
– lui transmettre des repères sur la vie ensemble (relation avec l’autre, vie en famille, vie au dehors).

Beaucoup d’idées reçues circulent sur ce qu’il faut faire. Par ailleurs, certains modèles qu’on associe à l’autorité – mon papy sévère, la copine qui reprend ses enfants constamment, le beau-frère qui n’arrête pas de crier – ne nous conviennent pas. C’est pourquoi j’ai choisi de m’attaquer aux contresens sur l’autorité. Puis je vous partage quelques conseils concrets pour trouver votre autorité… naturellement 😉

#1 L’autorité n’est pas punir

Contrairement à l’image d’Epinal, l’autorité n’est pas le comportement du parent qui punit les “fautes” de ses enfants. Ce n’est pas une méthode éducative basée sur le “si” : “si tu ne finis pas ton assiette tu n’auras pas de dessert”, “si tu ranges ta chambre tu auras le droit de regarder un dessin animé”… Une méthode où l’on manipule menaces et promesses à tout bout de champ.

Contrairement à ces pratiques :

  • l’autorité ne vise pas à faire peur à l’enfant pour obtenir son obéissance
  • l’autorité est porteuse de sens

#2 L’autorité n’est pas gronder ni crier

L’autorité ne se manifeste pas dans les cris, les reproches, la colère. Il ne s’agit pas de prendre une grosse voix, froncer les sourcils, devenir tout rouge ni de monter sur ses grands chevaux. Ces attitudes répétées, au pire font peur à l’enfant, au mieux ne sont pas efficaces – l’enfant aura tendance à cesser d’écouter, en attendant que ça passe.

On peut être ferme sans crier, en restant calme, sans surjouer. Bien sûr, cela n’empêche pas de se mettre en colère ponctuellement, quand on est vraiment très touché et qu’on n’a pas réussi à faire entendre notre “stop”.

On peut être ferme sans crier, en restant calme, sans surjouer. Bien sûr, cela n’empêche pas de se mettre en colère ponctuellement. Savoir dire non.

#3 L’autorité n’est pas dire non

Les occasions de dire non à un enfant se bousculent du matin au soir, étant donné tout ce qu’il nous demande (quel enthousiasme !), et nous qui sommes occupés par nos contraintes familiales, nos besoins personnels, nos préoccupations professionnelles… On peut vite prendre l’habitude de lui dire non, une fois, deux fois, dix fois par jour. Et si l’enfant insiste, de continuer de refuser.

Dire trop souvent “non”, c’est risquer de devenir rigide ou obstiné, de vouloir avoir le dessus constamment.

Plutôt que savoir dire non, l’autorité c’est savoir dire “oui”, savoir dire “non”, savoir dire “oui mais”. Bref, savoir répondre à une demande, au cas par cas, en prenant le temps de se positionner.

#4 L’autorité n’est pas imposer ses règles

Parfois on associe l’autorité à l’idée d’être le “chef” à la maison. Avoir de l’autorité serait décréter les règles de la maison, prendre des décisions pour toute la famille, et les enfants devraient s’y plier. La dérive de cette position est qu’on impose des choses à l’enfant sans cesse (ce qu’on mange et à quelle heure, l’activité de l’après-midi…) voire ce qui le concerne directement (comment il s’habille, se coiffe, s’exprime…).

Face à ce pouvoir trop fort, face à ces contraintes insupportables, l’enfant va se soumettre ou se rebeller. En tout cas, cela créera de la distance avec son père ou sa mère.

Pour l’enfant, vivre dans un univers minuté est vite source de stress : se dépêcher. Il faut respecter son rythme naturel biologique, alimentation et sommeil.

#5 L’autorité n’est pas lui montrer qu’on est supérieur

L’autorité est parfois comprise comme devant “remettre l’enfant à sa place”. “Je dois faire preuve d’autorité pour lui montrer que je suis supérieur en tant qu’adulte”. Le parent aura alors des paroles dévalorisantes. Il comparera l’enfant à ses camarades, voire à lui-même, se mettra en compétition avec lui. Il aura tendance à vouloir avoir raison.

Cela peut venir d’attentes irréalistes qu’a le parent vis-à-vis de son enfant (qu’il soit autonome sur une tâche alors qu’il n’en a pas la maturité, qu’il ait des notes excellentes à l’école). Quoi qu’il arrive, ces comportements nuisent à l’image que l’enfant a de lui-même.

L’autorité, c’est une posture qui inspire respect et confiance

L’autorité n’est pas une méthode éducative, c’est une posture. C’est-à-dire une façon d’être : comment nous gérons et exprimons nos émotions, notre langage verbal, notre langage corporel… Cette posture inspire le respect et la confiance.

L’enfant sent qu’il a face à lui un adulte qui ne se laisse pas marcher dessus, mais qui est aussi bienveillant, et qui lui indiquera avec clarté et cohérence ce qu’il peut et ne peut pas faire, à la maison et à l’extérieur.

Toute la difficulté est de concilier respect ET confiance ! Avec l’un sans l’autre, la relation ne sera pas saine :

  • J’inspire le respect mais pas la confiance : l’enfant pourrait ne pas oser nous confier ses problèmes, ses souffrances, avoir des discussions intimes. L’enfant a peur de nos réactions. Une distance s’installe.
  • J’inspire la confiance mais pas le respect : l’enfant n’hésite pas à venir vers nous pour être consolé, qu’on l’aide, qu’on le défende. En revanche, il a peu d’estime pour nous. Nous sommes à son service, malléable. La domination s’installe.

9 façons de développer votre autorité

L’autorité, c’est une posture qui inspire respect et confiance. Être constante, congruente, explicite, patiente, expliquer ses refus, écouter son enfant.

Je vois la posture d’autorité comme un ensemble de réactions qu’on choisit face à un comportement de son enfant, plutôt que quelque chose qu’on “pousse”, de force, vers son enfant.

Voici quelques conseils pour développer cette posture :

  • Clarifiez les règles : décidez ce qui est interdit (a minima ce qui est interdit par la loi) / les règles (qui peuvent avoir des exceptions !) / ce qui se discute au cas par cas
  • Écoutez l’enfant avant de prendre position. Il se sentira respecté et sécurisé, même si vous refusez.
  • Expliquez vos positions. Adaptez vos explications à son âge. Ne vous noyez pas dans des justifications.
  • Soyez explicite. Évitez les “ça dépend, on verra, peut-être”, les sous-entendus et les longues hésitations. Dites clairement si c’est oui ou non “Non, je ne t’achète pas de bonbon aujourd’hui”, “Je suis d’accord pour que tu regardes un film après le dîner.”
  • Soyez congruente. Si vous dites “Je n’accepte pas que tu me tapes / que tu me traites de nulle” avec le sourire et en le câlinant, il comprendra que vous l’autorisez à continuer.
  • Soyez constante. Une fois votre position exprimée, maintenez-la ! Ponctuellement, autorisez-vous à changer d’avis en l’expliquant à l’enfant. D’un jour sur l’autre, ayez la même réaction face au même comportement. L’enfant ne peut pas acquérir des repères qui changent tout le temps. Quand nécessaire, sachez faire des exceptions.
  • Montrez l’exemple. L’enfant apprendra aussi par imitation, alors soyez vous-même respectueux et fiable (au moins devant lui 😉 )
  • Soyez patiente. L’enfant a besoin de se confronter à une même réaction de multiples fois avant d’apprendre le juste comportement.
  • Restez vous-même. Même si au début vous devrez peut-être vous forcer, à terme cette posture doit être naturelle et sincère.

Et vous, arrivez-vous à incarner une autorité quand c’est nécessaire ? Êtes-vous à l’aise ? Comment réagit votre enfant ? Partagez vos expériences et vos astuces en commentaires !

Abonnez-vous pour recevoir toutes mes nouveautés et suivre mon actualité !

Votre espace de discussion 0 commentaires

Une question, une réaction, une expérience à partager ?