fbpx

5 réflexes qui créent de la distance avec son enfant

Nos comportements quotidiens avec nos enfants sont à double tranchant : ils peuvent nous rapprocher… ou nous éloigner. Quand la distance s’installe, c’est leur confiance en nous qui s’étiole. Dans cet article découvrez 5 comportements hyper-fréquents, et des suggestions concrètes pour perdre ces mauvaises habitudes !

Relation de confiance à la place de la distance entre parent et enfant. Comportements : interroger, culpabiliser, vouloir avoir raison, phubber, se forcer à jouer.

Une relation de confiance à entretenir au jour le jour

La confiance entre parent et enfant est fondamentale pour se sentir bien, pour bien grandir. Celle-ci permet par exemple à l’enfant de confier une joie, une difficulté. De demander de l’aide à son parent. D’oser faire des choses nouvelles. D’être lui-même.

En confiance, l’enfant sent qu’il ne sera pas jugé, qu’il sera accueilli tel qu’il est et soutenu dans ses initiatives.

Si cette confiance est assez naturelle pour le bébé, elle devient plus fragile avec un enfant qui parle, devient plus autonome, s’affirme. Parfois, il nous bouscule avec ses remarques ! Nous dérange avec ses demandes pressantes ! Nous froisse avec ses avis tranchés ! En plus il peut devenir pudique, secret.

De son côté le parent peut avoir des attentes nouvelles (politesse, résultats scolaires, autonomie au quotidien…). Il peut aussi avoir l’impression que son bébé lui “échappe”. Des frictions se présentent dans la relation, régulièrement. Tout l’art parental est de les traverser tout en maintenant la confiance. L’enfant n’est pas assez mature pour en être responsable.

La confiance est comme un fil invisible entre le parent et l’enfant, qu’il appartient à l’adulte de préserver.

La confiance est comme un fil invisible entre le parent et l’enfant, qu’il appartient à l’adulte de préserver – Série “À méditer” sur la page Facebook

Au quotidien plusieurs pièges nous sont tendus, tels que :

  • nos réflexes de communication – verbale et corporelle,
  • notre ego,
  • nos attentes vis-à-vis de nos enfants.

Dans cet article je zoome sur 5 comportements fréquents qui nuisent à la confiance parent-enfant, car ils créent une sorte de distance dans la relation. Découvrez pourquoi, et les alternatives possibles 😉

1. Vouloir avoir raison

Vous entrez avec votre enfant dans une sorte d’affrontement verbal autour de la vérité, souvent pour des choses peu essentielles (une phrase dite, le temps exact passé devant le dessin animé, un retard…) ou théoriques (un enfant qui mange trop de pâtes devient gros, l’éléphant est le plus gros animal du monde…).

Vous cherchez à avoir le dernier mot et finissez par “Donc j’avais raison” (sous-entendu : tu avais tort).

♦ Les inconvénients ♦

Vous orientez la relation vers du “sachant/ignorant”, “gagnant/perdant”, “dominant/dominé”. Vous installez un esprit de compétition et d’affrontement entre vous et votre enfant.

Vouloir avoir raison face à son enfant instaure un rapport de compétition, d'affrontement, nuit à la confiance. S'écouter et reconnaître ses erreurs, changer d'avis.

♦ Les alternatives ♦

D’accord ou pas, écoutez votre enfant sans le couper et respectez ses opinions. Acceptez de rester sur un désaccord “Je ne suis pas d’accord mais je comprends ton point de vue”.

Reconnaissez vos erreurs, vos exagérations. Changez d’avis en le disant à l’enfant “En effet, hier j’étais persuadé que… mais après t’avoir écouté… à la réflexion… je pense finalement que…”.

Dans un certain nombre de situations, il n’existe pas de vérité absolue. C’est plutôt une différence de perspective entre vous et lui, qu’un dialogue permet d’éclairer.

Vous passez votre journée à lui dire “Fais-ci, fais-ça” et en avez assez de son opposition ? Découvrez mon surprenant Défi Flash #1 : Ne pas donner d’ordre à son enfant

2. Se forcer à jouer avec lui

Vous n’avez pas envie de jouer à ce moment-là, ou pas le temps, ou alors votre enfant vous propose un jeu que vous n’aimez pas. Poussé par une petite voix qui vous dit “Ça fait partie de ton rôle de mère / père” ou “Un enfant a besoin de jouer”, vous entamez ce jeu à contre-coeur, en vous disant qu’heureusement, dans un quart d’heure c’est fini.

♦ Les inconvénients ♦

Votre enfant sentira que vous vous forcez, que vous faites semblant. Non seulement votre langage corporel vous trahira (regard ailleurs, vérification de l’heure ou du smartphone, absence de sourire, étourderie…), mais les enfants ont un “sixième sens” pour ça !

Il ne faut pas se forcer à jouer avec son enfant, cela doit être un plaisir. Trouvez un jeu que vous aimez. Préservez la confiance parent-enfant.

♦ Les alternatives ♦

Faites des changements pour que ce soit un plaisir pour vous aussi : Proposez-lui ou inventez un autre jeu ? Accompagnez le jeu d’un autre plaisir (chocolat chaud, câlin, musique…) ? Jouez à un autre moment de la journée ?

Jouer est un moment de lâcher-prise : il est important que vous puissiez vous détendre et décrocher de votre liste de choses à faire.

Si aucun jeu ne vous plaît, peut-être êtes-vous devenu un adulte trop sérieux ? Prenez le temps de chercher ce qui vous amuse, ou ce qui vous amusait enfant 😉

Je développe le sujet des “moments de qualité” dans l’article 10 astuces faciles pour passer du temps avec chaque enfant

3. Le désigner comme coupable de ses loupés

“Si tu t’étais couché plus tôt, tu ne serais pas fatigué”; “Il aurait fallu que tu ranges ta chambre plus vite pour aller faire du vélo avant la tombée de la nuit”; “Tu l’as bien cherché !”; “C’est de ta faute si…”

Vous faites un lien direct entre un événement malheureux et les actes de votre enfant, et insistez sur sa seule responsabilité.

♦ Les inconvénients ♦

L’enfant a sa part de responsabilité dans le déroulé des événements qu’il vit. Ses expériences et leurs conséquences sont sources d’apprentissages pour lui. Mais cela prend du temps et il va passer par de nombreux “loupés”, qu’il devra digérer et surmonter.

Pour autant, même si elles sont rationnellement justes, ces phrases ont tendance à l’enfoncer, à le culpabiliser, à l’isoler, et non pas à lui donner envie de faire mieux la prochaine fois.

Tu l'as bien cherché. C'est de ta faute. Ces phrases ont tendance à enfoncer l'enfant, le culpabiliser, l’isoler. Il a besoin de soutien, d'être responsabilisé.

♦ Les alternatives ♦

L’enfant a besoin de soutien d’abord. Faites preuve d’empathie : “Je comprends ta déception de n’avoir pas joué chez Anaïs aujourd’hui / que tu sois triste d’avoir cassé ta figurine.”

Ensuite, éclairez l’enchainement des événements (de son fait + extérieurs) pour lui faire prendre conscience qu’il a eu des choix. “On avait dit qu’on irait faire du vélo après manger, mais il s’est mis à pleuvoir. Puis tu as joué aux Légo, fait tes devoirs et ensuite il faisait nuit. Du coup on n’a pas fait de vélo aujourd’hui, mais tu t’es bien amusé aux Légo.”

Éventuellement, aidez-le à trouver comment il va pouvoir “réparer” ce loupé. “Qu’est-ce qu’on peut faire demain pour être sûr d’aller faire du vélo, sachant qu’on va déjeuner chez Papy et Mamie ?”

Au lieu de culpabiliser l'enfant sur ses loupés, faites preuve d’empathie. Aidez-le à trouver comment il va pouvoir réparer. Soutenir et responsabiliser.

4. L’interroger sur des détails de sa journée

“Qu’est-ce qu’il y avait à la cantine ?”; “Avec qui tu as joué à la récré ?”; “Qu’est-ce que vous avez fait à l’anniversaire de Maxime ?”

Vous posez des questions sur des éléments de contexte, des choses factuelles, pas sur le vécu de l’enfant. Vous enchainez les questions, tel un ping-pong : vous questionnez, il répond, vous questionnez, il répond, etc.

♦ Les inconvénients ♦

En récoltant tout un tas d’informations factuelles, on a tendance à faire des interprétations sur la vie de notre enfant. Celles-ci peuvent être liées à nos peurs : qu’il n’ait pas d’amis, qu’il ne mange pas assez à la cantine, qu’il ne s’amuse pas…

L’enfant se souvient rarement de ce qu’on lui demande, ou alors pas sur le moment, et peut se sentir pris en défaut. Il ressent une attente de votre part, qui l’oblige à répondre. Il sent que vous faites intrusion dans son intimité, et va se forcer à se confier pour vous faire plaisir, ou se taire pour protéger son jardin secret. Il peut aussi redouter vos réactions (jugement, inquiétude, intervention...).

L’interroger sur sa journée, on a tendance à faire des interprétations sur la vie de notre enfant. Nos peurs, nos attentes, intrusion dans son intimité, notre réaction.

♦ Les alternatives ♦

Partagez pour vous d’abord (“Je suis allé courir le long du canal, ça m’a fait un bien fou”; “J’ai signé un contrat avec un client important, sur lequel je travaillais depuis 3 mois, je suis trop fière de moi !”), ainsi vous ouvrez le dialogue, vous montrez l’exemple.

Ne posez pas de questions, attendez que votre enfant s’exprime. Si besoin, laissez de longs silences. D’ailleurs, ce qu’il partagera est souvent ce qui l’a marqué émotionnellement (un fou rire, la trahison d’un ami, une grosse frayeur, une fierté…).

Préférez des questions liées à son ressenti, à sa vision personnelle : “Est-ce qu’il y a un truc que tu as kiffé aujourd’hui ?”; “Je te sens contrarié. Y aurait-il quelque chose qui t’a énervé à l’école ?”

Prêt(e) à black-lister 9 questions bateau ? Osez mon Défi Flash #2 : Arrêter de poser des questions bateau aux enfants 😉

5. Le phubber

Vous êtes avec votre enfant et d’un seul coup, ou par intermittence, vous consultez ou utilisez votre smartphone.

♦ Les inconvénients ♦

Un peu comme pour le point 2., vous êtes là physiquement mais pas avec lui. Il pense qu’il ne vous intéresse pas. Il ne vous trouve pas fiable : vous vous êtes rendu disponible puis en plein milieu vous repartez.

Les inconvénients de phubber son enfant : vous êtes là physiquement mais pas avec lui. Il pense qu’il ne vous intéresse pas. Il ne vous trouve pas fiable.

♦ Les alternatives ♦

S’il y a vraiment un message ou un appel urgent, prenez-le en lui expliquant “Excuse-moi quelques minutes, je dois prendre cet appel puis je reviens à toi juste après.”

Sinon… à vous de trouver comment résister à la pulsion ! L’éteindre, le mettre dans une autre pièce, etc.

Il n’est jamais trop tard pour se rapprocher

Cet article vous a-t-il fait prendre conscience de vos comportements réflexes et de l’impact sur vos enfants ? Essayez les alternatives dans votre quotidien, par petites touches quand l’occasion se présente.

Peu à peu, vous devriez sentir que vous vous rapprochez : vos moments ensemble sont plus profonds, plus sincères, plus joyeux. Soyez attentifs aux petits changements visibles chez votre enfant !

Si cet article vous a plu, dites-le moi dans les commentaires ! Au fait, avez-vous repéré d’autres comportements réflexes qui créent de la distance ? Avez-vous des astuces pour y faire face ? Et si vous les partagiez en commentaires pour en faire bénéficier les autres lecteurs et lectrices du blog ? 😉

Abonnez-vous pour recevoir toutes mes nouveautés et suivre mon actualité !

Votre espace de discussion 0 commentaires

Une question, une réaction, une expérience à partager ?